La Renault Clio à éviter en priorité est la Clio 4 équipée du moteur essence 1.2 TCe 120, surtout sur les exemplaires produits entre 2012 et juillet 2016. Sa surconsommation d’huile peut dégrader le moteur jusqu’à la casse. Associée à la boîte automatique EDC, cette version cumule deux postes de risque coûteux. Cela ne signifie pas que toutes les Clio 4 sont mauvaises : la motorisation, la date de production et l’historique comptent davantage que le nom du modèle.
Quelle Renault Clio faut-il vraiment éviter ?
Le choix le plus risqué sur le marché de l’occasion reste donc la Clio 4 1.2 TCe 120, commercialisée à partir de 2013. L’UFC-Que Choisir a documenté une anomalie de surconsommation d’huile sur les moteurs 1.2 TCe de type H5FT fabriqués entre le 1er octobre 2012 et le 20 juillet 2016. Cette consommation peut entraîner une dégradation des soupapes d’échappement, une perte de compression, puis une casse moteur.
La date de première immatriculation ne suffit pas à trancher : une voiture immatriculée après juillet 2016 peut avoir reçu un moteur produit auparavant. Il faut relever le VIN, demander la date de fabrication et faire confirmer la version exacte par Renault ou un professionnel disposant des données constructeur.
| Version | Niveau de vigilance | Pourquoi |
|---|---|---|
| Clio 4 1.2 TCe 120, 2013-2016 | Très élevé | Surconsommation d’huile et risque de dommages moteur |
| Clio 4 1.2 TCe 120 EDC | Très élevé | Risque moteur auquel s’ajoute une boîte complexe et coûteuse |
| Clio 4 1.2 16V 75 | Modéré | Fiabilité plutôt simple, mais performances faibles hors ville |
| Clio 5 SCe 65 | Selon l’usage | Manque de reprise sur route, sans défaut mécanique majeur établi |
| Anciennes Clio 1.5 dCi | Selon l’historique | Injection, turbo, EGR et embrayage à contrôler selon l’âge et l’usage |
Cette distinction est importante. Un moteur peu agréable n’est pas forcément fragile. À l’inverse, une voiture plaisante pendant l’essai peut cacher une consommation d’huile ou une boîte mal entretenue.
Pourquoi le 1.2 TCe 120 demande autant de prudence
Le niveau d’huile ne raconte pas toute l’histoire
Un niveau correct le jour de la vente ne prouve rien : le vendeur peut avoir fait l’appoint juste avant la visite. Demandez les factures de vidange, les éventuels achats d’huile entre deux entretiens et les interventions relatives à la segmentation, aux soupapes ou au remplacement du moteur. Une fumée bleue, des ratés, un ralenti irrégulier ou une perte de puissance imposent un diagnostic, mais l’absence de symptôme ne garantit pas que le bloc est sain.
En cas de doute, un professionnel peut contrôler les compressions, rechercher les défauts mémorisés et surveiller la consommation sur une distance mesurée. Si le vendeur ne peut fournir aucun suivi précis ou refuse une inspection indépendante, passez à une autre annonce. Le marché de la Clio est assez fourni pour ne pas prendre ce pari.
La boîte EDC ajoute un second risque
Sur certaines Clio 4 1.2 TCe 120, la boîte à double embrayage EDC peut présenter des à-coups, des bruits ou des difficultés de passage des rapports. Un essai de dix minutes, moteur déjà chaud, est insuffisant. Testez la voiture à froid, en manœuvre, dans les bouchons et lors d’une reprise franche. Les passages doivent rester réguliers, sans patinage marqué ni message au tableau de bord.
Une vidange présentée comme récente ne remplace pas un diagnostic. Exigez la facture, le kilométrage de l’intervention et la référence de l’opération. Face à un 1.2 TCe sans historique clair et équipé de l’EDC, le choix le plus raisonnable reste de renoncer.
Les autres Clio ne sont pas à condamner en bloc
Le 1.2 16V 75 de la Clio 4 est souvent classé parmi les versions à éviter, mais surtout pour son manque de puissance. Il peut convenir à un usage urbain calme. Sur autoroute, chargé ou en zone vallonnée, ses reprises limitées deviennent pénibles. Même logique pour le SCe 65 de la Clio 5 : il n’est pas désigné ici comme un moteur à casse, simplement comme un choix peu polyvalent.
Le 0.9 TCe 90 constitue généralement une option essence plus cohérente sur Clio 4, à condition de contrôler le refroidissement, l’allumage, les à-coups et l’entretien. Une perte de puissance sur Clio 4 doit être diagnostiquée avant l’achat, pas attribuée automatiquement à une simple durite.
Le 1.5 dCi peut parcourir beaucoup de kilomètres quand il a été correctement entretenu et utilisé sur route. En revanche, un ancien diesel ayant enchaîné les petits trajets urbains mérite un contrôle poussé de l’injection, de la vanne EGR, du filtre à particules lorsqu’il en possède un, du turbo et de l’embrayage. Vérifiez aussi la preuve de remplacement de la distribution. Notre dossier sur le prix de la courroie de distribution d’une Clio 4 aide à intégrer cette dépense au budget.
La Clio 5 ne mérite pas non plus une exclusion générale. Des rappels ont concerné des lots précis, notamment pour la direction, la commande de boîte ou certains organes de sécurité. Un rappel vise une plage de production ou un VIN, pas toute une génération. Demandez à Renault si les campagnes applicables ont été réalisées. Si un message apparaît au tableau de bord, faites-le lire plutôt que de vous contenter d’un effacement : le dossier sur l’alerte injection à contrôler sur Clio 5 explique la bonne démarche.
Quelle Clio choisir à la place ?
Pour une Clio 4 essence, une 0.9 TCe 90 bien suivie offre un compromis plus rassurant que le 1.2 TCe 120. Une phase restylée, commercialisée à partir de l’été 2016, bénéficie aussi d’une présentation intérieure améliorée. Pour rouler régulièrement sur route, le 1.5 dCi 90 reste pertinent si les restrictions locales, le kilométrage annuel et l’historique d’entretien correspondent à votre usage.
Sur Clio 5, le 1.0 TCe convient mieux à un usage polyvalent que le SCe 65. Mais ne choisissez jamais sur la seule réputation d’un moteur. Deux voitures de même année peuvent avoir connu des vies opposées : vidanges espacées contre entretien rigoureux, trajets courts contre longues distances, sinistre réparé contre carrosserie d’origine.
Les contrôles à faire avant de signer
- Identifiez le moteur exact : puissance, carburant, boîte, date de production et VIN.
- Exigez les factures : un carnet tamponné sans détail ne prouve pas les pièces ni l’huile utilisées.
- Démarrez à froid : écoutez la distribution, observez les fumées et vérifiez la stabilité du ralenti.
- Contrôlez les niveaux : huile et liquide de refroidissement, ainsi que toute trace de fuite ou d’appoint répété.
- Essayez tous les rapports : à froid puis à chaud, en marche avant comme en marche arrière.
- Lisez les défauts sans les effacer : un code doit être interprété avec les mesures et les symptômes.
- Vérifiez les rappels : demandez une confirmation à partir du VIN.
- Faites inspecter l’auto : un contrôle indépendant coûte peu face à un moteur ou une boîte à remplacer.
Le verdict est simple : sans dossier solide, écartez la Clio 4 1.2 TCe 120, plus encore avec la boîte EDC. Pour les autres versions, achetez un état et un historique avant d’acheter un badge. Une Clio moins séduisante mais suivie avec des factures sera presque toujours un meilleur choix qu’une finition haut de gamme vendue sans preuves.